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Newsletter n°13 Léontine Dolivet : Mon noviciat… apprendre à bien souffrir !

Dans la Newsletter n°3 nous avons parlé de la consécration de Léontine Dolivet au Sacré-Cœur de Jésus comme victime d’amour et de réparation, faite en 1917. Sa prière de consécration se terminait par ces mots : « Passion de Jésus, fortifiez-moi. » Dans la Newsletter n°9, nous avons vu comment Léontine associe la croix aux détails de sa vie d’oraison et d’apostolat. Ici, elle décrit avec beaucoup de précision le chemin de souffrance qu’elle parcourt avec Jésus souffrant. L’appel entendu à être victime d’amour, elle veut le comprendre, elle veut l’accueillir et le vivre du mieux qu’elle peut mais elle ne sait pas encore comment. Au cours d’une retraite, comme une novice, elle va méditer et contempler les souffrances de Jésus dans sa Passion et prendre les décisions qui l’aideront à être fidèle à ce que le Seigneur attend d’elle.

« Jésus a béatifié la souffrance »

Elle commence ainsi un soir de sa retraite de 1917 : «  J’ai employé la soirée de ce jour à la lecture méditée d’une feuille intitulée : « La souffrance ». Nul sujet ne pouvait mieux convenir à mon état d’âme. J’ai considéré d’abord : le bonheur de souffrir. Un bonheur !... Jésus l’a dit : Il a béatifié la souffrance. N’est-ce pas une joie de ressembler à Notre Seigneur, de porter la Croix avec Lui, de boire avec Lui au calice d’amertume… ? Mais dans la souffrance, l’essentiel est d’apprendre à bien souffrir. »

Nous l’avons compris, Léontine passe par une épreuve intérieure très douloureuse, où elle sent sa faiblesse et lutte cependant pour rester près de Jésus. Elle comprend assez vite que sa souffrance est un cadeau de Jésus, qu’Il est là pour la vivre avec elle. Comme elle veut lui ressembler et qu’elle l’a pris pour modèle de vie, elle se prend alors à aimer sa propre croix, à la préférer à tous les autres biens. Oui, elle apprend à bien souffrir ! Elle se place sous son regard pour puiser la force et le courage d’être « crucifiée » avec Lui. Elle en fait un acte d’amour et de confiance en acceptant l’épreuve telle qu’elle lui est proposée par le Seigneur. Elle a cette parole merveilleuse et courageuse qui fait partie de ses résolutions : « Je continuerai de prier doucement pour obtenir de continuer à aimer la Croix. Je redoublerai de ferveur si les souffrances se prolongent. »

Un profond sentiment de repentir

Sa méditation commence par l’Agonie de Jésus à Gethsémani. Comme pour les autres moments de la Passion, Léontine regarde d’abord les souffrances de Jésus, elle en mesure la profondeur autant qu’il lui est possible et jusqu’à ce que son cœur soit touché de compassion. Alors elle réalise que son péché, à elle aussi, a été cause de l’agonie de Jésus. Elle voit combien elle a offensé Jésus et elle libère de son cœur un profond sentiment de repentir. Puis elle s’offre à Jésus dans un élan d’amour qui puisse le consoler. « Je me suis arrêtée à la contemplation des angoisses de la divine Victime, j’en ai demandé le sentiment intime : j’ai regretté, j’ai compati, j’ai aimé, je me suis offerte. »


Ensuite, Léontine médite et contemple le mystère de la Passion. Elle demande à Jésus d’en comprendre le sens et d’avoir les sentiments qui lui donneront l’humilité, l’amour et la confiance. Elle regarde le reniement de Pierre et elle se frappe la poitrine en disant : et moi, combien de fois n’ai-je pas connu Jésus, combien de fois n’ai-je pas répondu à son amour ?
Que ce soit devant le cachot ou devant la foule qui veut crucifier Jésus, elle pleure son péché de plus en plus amèrement et renouvelle chaque fois son désir de s’offrir en victime d’amour pour consoler Jésus. « La foule s’écrie : « A mort ! », mais moi, de toute l’ardeur de mon être, je crie « Vive Jésus dans mon cœur ! Vive Jésus dans ma volonté ! Vive Jésus dans mon esprit ! Vive Jésus dans tout mon être ! »

Pour bien comprendre le mystère de la Croix

Léontine découvre comment Jésus assume sa Croix, son supplice, son humiliation. Elle voit qu’il est tout abandonné à la volonté du Père, dans un acte d’amour parfait de tous les instants. Alors elle comprend deux choses : que pour bien vivre la douleur, il lui faut être en accord parfait et amoureux avec la volonté de Dieu, et que la méditation de la Passion est source de force dans les épreuves.


« J’ai compris pendant ces jours, au cours de ces méditations que la Passion est le grand moyen de force dans les combats et les épreuves. C’est donc dans la contemplation des scènes qui la composent, dans les lieux mêmes où elle s’est déroulée, que je viendrai m’aguerrir pour la lutte, me fortifier pour les combats, que je viendrai recevoir des mains du Maître la Croix qu’Il aura préparée. »

« Les touchants effets de son infinie miséricorde »

Avant de méditer sur les souffrances corporelles du Christ, en vraie fille thérésienne, Léontine est saisie par la miséricorde de Dieu qu’il a manifestée en nous donnant Jésus pour nous sauver. Pleine de reconnaissance pour la miséricorde « prévenante » de Jésus dans les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, elle rend grâce non seulement pour celle dont elle a été comblée, mais aussi pour tous ceux qui ne songent pas à remercier Dieu d’être si bon avec eux. Et cela justifie encore une fois sa vocation à être « victime de son amour ».

Puis elle considère la miséricorde « accueillante » du bon Dieu envers le pécheur. Très émue devant cette bonté du cœur du Père, elle a décidé de se « livrer tout entière à la confiance ». Elle voudrait même parcourir le monde entier pour aller dire à tous les pécheurs combien Dieu les aime et veut les sauver.

Enfin, elle contemple la miséricorde « qui oublie tout, rend à l’âme purifiée tout son amour et toutes ses grâces. » Comme pour Madeleine, Zachée ou Pierre, grands pécheurs devenus les intimes de Jésus. Et de s’écrier : « Le Cœur de mon Sauveur n’a pas changé… je m’humilie à ses pieds. Il aime les cœurs humbles. Mais après, je me jette dans ses bras. »

« A la grande école de la souffrance »

Revenons à la Passion. Léontine voit intérieurement toutes les cruautés subies par Jésus dans la flagellation, le couronnement d’épines, la crucifixion. Elle voit tous les péchés de l’humanité que Jésus expie, elle voit surtout ses propres péchés. Elle ne cesse de dire à Dieu qu’elle veut réparer pour elle et pour les autres, en sa vocation de victime. Elle écrit : « A la grande école de la souffrance, le Maître m’instruit par son exemple, il me précède dans le chemin où Il m’appelle et par ses douleurs Il me mérite la force de le suivre.  »

Alors, au terme de cette retraite de ses 29 ans, elle renouvelle la consécration sans réserve de tout son être, comme elle l’avait fait pour la première fois lors d’un pèlerinage à Lourdes aux pieds de la Vierge Marie, et comme elle n’a jamais oublié un seul jour de le faire. Léontine est parfaitement lucide sur ce qui se passe en elle : sa volonté est tout orientée par son amour de Jésus crucifié, mais sa nature proteste, elle appréhende les conséquences de son engagement, elle sait qu’elle est faible et capable d’infidélité. C’est pourquoi elle se met à genoux au pied de la Croix pour formuler à nouveau sa consécration. Après tout, c’est Jésus qui l’a choisie, ce n’est pas elle qui a choisi Jésus, ni sa vocation. Donc elle attend de sa bonté et de sa toute-puissance les grâces nécessaires à chaque instant pour être fidèle.


« Que mon cœur soit brisé afin que le Vôtre soit aimé, glorifié, consolé. Faites-moi la grâce, ô mon Dieu, d’être fidèle jusqu’à mon dernier soupir. Je sens mon impuissance absolue pour réaliser mon désir : en Jésus et Marie je mets ma force et ma confiance : tout souffrir, mais ne pas être infidèle. »

« Devant cet excès d’amour »

Devant la croix où Jésus est en train de mourir, Léontine réalise l’horreur du péché, la douleur du spectacle et en même temps l’excès d’amour de Jésus qui vient embraser son cœur. Elle écrit alors : « Devant cet excès d’amour, comment ne pas se sentir tout embrasé du feu de l’amour, comment ne pas désirer aimer sans mesure ?… Devant de telles souffrances endurées par amour pour moi, comment ne pas désirer souffrir à mon tour pour aimer davantage ?… Aux heures difficiles, je viendrai au Calvaire, j’y viendrai prier, j’y viendrai méditer les souffrances de mon Jésus, j’y viendrai puiser l’amour de ma Croix. »

« Les fautes des âmes consacrées »

Enfin, nous terminerons par la méditation de ce que Léontine appelle la « Passion du cœur  » du Sauveur. Elle est très sensible aux péchés des âmes consacrées qui blessent si honteusement le Cœur de Jésus, leur Epoux. «  J’ai regardé spécialement les fautes, encore plus sensibles que les autres, au Cœur du bon Maître : les fautes des âmes consacrées… J’ai essayé de comprendre avec Jésus l’outrage fait à Dieu, le mal fait aux âmes par le péché. Mon Sauveur possède cette connaissance dans sa plénitude, et cette connaissance est la cause de ses tourments. Son Cœur si rempli d’amour pour son Père céleste et si plein de tendresse pour les hommes en éprouve une douleur inexprimable. »

Ce qui est frappant chez Léontine, c’est qu’elle n’a jamais l’ombre d’un jugement, mais qu’elle est toute tournée vers le plan du salut accompli sur la Croix. Elle veut et voudra toujours y prendre sa part. Elle est dévorée par l’amour. « Le repentir, le ferme propos est facile à cette heure. Le feu de l’amour se rallume plus ardemment dans mon âme, désireuse de l’entretenir désormais en elle par le bois du sacrifice.  »

« Jésus en croix est mon soleil »

Il y aurait encore bien d’autres choses à dire sur cette méditation de Léontine au pied de la Croix. Ni sa pensée ni sa contemplation ne sont morbides. Elles sont imprégnées de sa foi en Jésus ressuscité et de la présence rassurante et pacifiante de Marie au pied de toutes les croix.

« Jésus en Croix est mon soleil. Soyez, ô mon divin Maître, le soleil qui m’éclaire et qui me réchauffe, la lumière qui me montre le chemin dans toutes les circonstances de ma vie, la lumière, le soleil qui m’embrase d’amour pour me donner la force de le suivre quelque pénible qu’il soit. »


« Mes dernières heures je les ai passées au pied de la Croix, me promettant d’y revenir encore les jours suivants pour aller jusqu’au bout dans la contemplation des souffrances du Sauveur, pour y contempler l’attitude de la Sainte Vierge, qui devra être mon modèle sur le chemin de la Croix. J’ai laissé mon âme se répandre dans l’action de grâces, j’ai redit à Jésus ma résolution, j’ai renouvelé mon vœu et ma retraite s’est terminée dans le calme et la paix. »

Marie-Anne Boever
postulatrice

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