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Maison Dolivet : un certain 12 septembre

Au 33 avenue d’Armorique se trouve le presbytère de Betton, la « Maison Dolivet ». A ce jour, il héberge les pères Olivier Gazeau, Christophe Gosselin et Allynste Fontaine -curé et vicaires de la paroisse Saint Jean-Paul II-. Il accueille également les services administratifs et la pastorale paroissiale ; certains catéchistes y initient encore les jeunes paroissiens.

Quelle est l’histoire de la maison paroissiale Dolivet ?

Les lois Jules Ferry de 1881 à 1889, et leurs applications furent un coup de tonnerre dans la commune de Betton.

Le 2 septembre 1888, le Conseil municipal, sous la présidence de Monsieur Bastard, apprend que l’école communale va être laïcisée par arrêté préfectoral. Il est, avec l’immense majorité de la population, opposé à la laïcisation.

« Cette mesure arbitraire de l’administration prend un caractère de pure vexation. Les Frères (dit « de Ploërmel) depuis 61 ans ont enseigné à la plus grande satisfaction de la population à laquelle ils ont rendu d’appréciables services, à la satisfaction aussi de l’inspecteur primaire. Ils ont obtenu d’excellents résultats aux examens. A l’unanimité des 16 présents, les membres du Conseil municipal expriment aux Frères, remerciements et félicitations… »


Presbytère


Maison communale

Les Frères enseignèrent dans les locaux du Presbytère de 1827 à 1872, et dans la Maison communale à partir de 1872.

Le 4 septembre 1888, l’abbé Aubrée -recteur- annonce que lui-même et ses deux vicaires vont passer dans toutes les maisons pour connaitre la position de la population quant à la poursuite de la mission des Frères dans la commune. Le 11 septembre, le recteur annonce officiellement le résultat, la réponse est en faveur des Frères. La décision est prise, la paroisse va construire une école pour assurer la continuité de l’oeuvre des Frères.

Grâce aux paroissiens, tant par leurs dons que par leur participation à la réalisation de l’ouvrage, le 12 septembre 1888, la construction de l’actuelle Maison Dolivet commença ; elle fut achevée le 1er novembre de la même année, en moins de deux mois. Pendant ce temps, les familles furent invitées à garder leurs enfants à la maison.

« La maçonnerie séchait, grâce à la chaux hydraulique que nous avions employée, mais les enduits intérieurs ne séchaient pas malgré le feu que nous entretenions dans les deux pièces. » écrivit le recteur.


Maison d’école des Frères

Le 1er février 1889, le Frère Arcade demandait à l’Académie, l’ouverture de l’école. Le 4 mars 1889, la “Maison d’école des Frères” accueillait 118 élèves, elle fut bénie solennellement le dimanche 3 mars 1889.

Conséquence de la loi de 1901 dite « Loi sur les associations » toujours en vigueur (voir article 13, 15 et 18), les congrégations religieuses ne pouvaient pas se constituer sans une autorisation, faute de quoi, il leur était interdit d’enseigner. De ce fait, la congrégation des Frères de Ploërmel demande ladite autorisation pour l’établissement qu’elle dirige à Betton.

Dans l’espoir de sauver l’école, sur le conseil de la congrégation, les deux frères (Frère Louis -directeur de l’école depuis 1893- et Frère Simon) se "sécularisent".

Dans un premier temps, Monsieur Bruzière -maire-, reçoit l’ordre de la Préfecture, de faire évacuer les Frères du presbytère :

« Cet immeuble est destiné à l’usage exclusif du desservant et des vicaires. Les instituteurs n’ont pas à y mettre le pied. »

Depuis longtemps, par souci, d’économie les Frères prenaient leur repas au presbytère, tout en logeant à l’école. Par cette mesure préfectorale, obligation leur était faite d’aménager dans l’école, une cuisine, une salle à manger et une chambre pour la cuisinière.

Seulement quelques mois après cet épisode, escorté d’un juge de paix, d’un serrurier et de deux gendarmes, un certain Monsieur Surty vient expulser les Frères, trois semaines après à la rentrée 1903.

Pendant des années, cette grande maison, resta à l’abandon en attendant que les tribunaux aient statué sur la question de la propriété de l’immeuble. L’instance engagée par le liquidateur de la « Maison d’école des Frères » se prononcera à l’avantage de Monsieur de Chavagnac, propiétaire du terrain.

Un commerçant de la place de l’église de Betton, Pierre Dolivet, finit par se porter acquéreur de cette maison le 30 septembre 1908. Il était issue d’une très vieille famille de Betton, par sa grand-mère, Jeanne-Marie Lehagre. Une tradition rapporte que Monsieur Dolivet avait acheté cet immeuble dans l’intention qu’il revienne un jour à la paroisse de Betton en mémoire aux paroissiens qui l’avaient financé et construit de leurs mains, ce qui se réalisa grâce à un legs fait à la paroisse par Léontine Dolivet, fille unique de Pierre Dolivet et Marie-Reine Barbier. Ironie du sort, Léontine Dolivet est né en 1888 pendant la construction de la "Maison des écoles des Frères", actuelle Maison Dolivet ; elle est décédée en 1974.

Source : « Contribution à l’histoire de Betton » Père Francis Orhant (1920-2017)

En 2016, lors de la visite pastorale de Mgr. d’Ornellas -archevêque de Rennes, Dol et Saint Malo- et à l’initiative de Père Olivier Gazeau, une plaque a été apposée à l’intérieur de la Maison Dolivet, symbole de la reconnaissance de la paroisse à l’endroit de Mademoiselle Dolivet.

V.T-R.

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