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Le discours des Bernardins ou la définition d’une liberté religieuse qui s’adresse aussi aux catholiques

Lundi 9 Avril, Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France organisait une réception à l´occasion de la fête de Pâques, grande fête pour les Chrétiens. Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France, a reçu en présence de M. Macron, président de la république, des représentants de l´Etat et de la société civile le 9 avril 2018 au Collège des Bernardins, à Paris.
La qualité d’un événement, tel que celui ci au Collège des Bernardins, était bien plus qu’une faveur à une communauté de fidèles catholiques ou une stratégie politicienne. Ce fut avant tout le sens des responsabilités qui s’exprimait, tel que nous souhaiterions que tous se haussent à ce degré de dialogue et d’estime. Il y a des moments où l’amour de son pays exige de prendre ses responsabilités ; les Français de confession catholique aiment la France, n’ont jamais cessé de la servir et entendent continuer à éclairer sa conscience de la grandeur de chaque personne en commençant par les plus fragiles.
Trois témoignages ont fait suite à l’accueil de Mgr Ribadeau Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France : Samuel BENARD, souffrant d’autisme, accompagné par son frère Florent : membres de l’Office chrétien des personnes handicapées (OCH), Madame Vanina DESANGES, personne âgée, accompagné de Charles PLUMET : membres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et Martine ZACHARIE, sans domicile fixe, accompagnée de Marine BARBEROT : membres de l’association pour l’amitié (APA) . Au travers de son discours, Mgr Pontier présentait les engagements des citoyens catholiques auquel M. Macron, président de la république répondait en rappelant les jalons qui pourraient être des bases de débats à venir !...

Samuel et Florent

« Si beaucoup de commentateurs analysent le discours du Président de la République sous l’angle d’une laïcité toujours aussi mal définie, je retiens surtout une adresse aux catholiques, membres de la société pluraliste française, à l’image celle qui peut intervenir annuellement auprès d’autres religions (CRIF, CNCM). Cette intervention avait valeur de reconnaissance sans parti-pris.

L’Eglise est une institution au service de la République et du Bien commun

C’est en effet un discours qui ne transgresse en aucune manière. Il part d’une observation objective, celle de la présence catholique en France - longtemps appelée « fille aînée de l’Eglise » - dans les diverses sphères d’engagement de la vie de la société. Les catholiques sont engagés dans de nombreux domaines : santé, éducation, social, économie… et font un travail remarquable. L’engagement auprès des plus pauvres, entendus comme toutes les formes de pauvretés (sans-abris, personnes en situation de handicap, migrants…) n’est plus à démontrer. Les témoignages en ouverture de la rencontre au Collège des Bernardins nous l’ont rappelé.

La liberté religieuse, une liberté fondamentale collective avant d’être un droit individuel

Malheureusement, l’anticléricalisme est toujours bien vivace chez certains responsables politiques qui préfèrent réduire l’action de l’Eglise aux questions sociétales ou à des caricatures d’un autre temps. Ces derniers contestent l’engagement « morale » de l’Eglise sont aujourd’hui plus moralisateurs en faisant preuve d’une réelle intransigeance. Ils dévoient la définition de la laïcité en la réduisant à un étroit carcan coercitif. Au lieu de lui reconnaître, comme dans toutes les grandes démocraties, la dimension de liberté religieuse et de culte comme étant un droit fondamental au service du Bien commun, ils préfèrent y voir un simple droit individuel comme un autre, envisagé dans la seule sphère privée, et entendu strictement. Les réactions épidermiques suscitées par le discours du Président de la République mettent au jour un mouvement qui a basculé dans une exacerbation de l’individualisme des droits et des devoirs, oubliant la nécessité d’un destin commun de la société apaisé car tolérant.

Vanina et Charles

[(Par son intervention d’hier soir, Emmanuel Macron a réinstallé, a contrario, la liberté religieuse comme une liberté fondamentale collective et non plus comme un simple droit individuel. Il a également encouragé à un pluralisme vivant et constructif en appelant à l’engagement. La démocratie ne peut en effet vivre que si elle reconnaît le pluralisme des idées et que si elle encourage les citoyens à être acteurs du destin national et non pas de simples spectateurs.

La relation entre l’Eglise et l’Etat, un fait historique objectif

Enfin, en souhaitant réparer le « lien abîmé entre l’Etat et l’Eglise », le Président de la République ne remet pas en cause la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il reconnaît au contraire la qualité de l’action sociale des catholiques aujourd’hui et l’importance du rôle historique du christianisme dans la construction, sur plusieurs siècles, de l’Etat français. Sur ce point, il est nécessaire d’observer cette histoire dans son contexte, en dépassant les seules grilles de lecture contemporaines, pour reconnaître, que l’on soit croyant ou non, que le christianisme a participé à la construction politique, sociale et culturelle de la France d’aujourd’hui. En appelant l’engagement des catholiques, le Président de la République a d’ailleurs mis en avant un principe cher à l’Eglise : la subsidiarité. »

Jelle LEMAITRE

Chef du département Sciences Humaines et Management à ECAM Rennes – Louis de Broglie

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