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Le célibat en question

Monseigneur Hervé Gosselin, évêque du diocèse d’Angoulême est l’ancien responsable du Foyer de Tressaint (22), un lieu où les retraites spirituelles s’adressent à tous les états de vie (célibataires, couples, prêtres, religieux ou consacrés). Il a dirigé et rédigé l’édito de la nouvelle édition du Document épiscopat consacré aux célibataires.

« Il n’existe pas un seul célibat mais des célibats » Mgr Hervé Gosselin

L’intitulé de la revue a choisi de mettre les termes de : « célibats » et « célibataires » au pluriel. Pourquoi ce choix ?

Il n’existe pas un seul célibat mais des célibats. Cela correspond aujourd’hui à des formes de vie, car le célibat peut être plus ou moins heureux, équilibré ou ouvert. Les articles étayent d’ailleurs ce célibat non choisi, celui qui n’est pas consacré.

Vous employez les mots de « laissés pour compte » pour décrire les célibataires. C’est un terme fort…

Les célibataires ont l’impression d’être « laissés pour compte » car, ils vivent leur vie par défaut. C’est l’image qu’ils perçoivent d’eux-mêmes et que leur renvoi la société. Ne pas être marié à 35-40 ans suscite des questions de l’entourage. On pense que l’autre a un problème. Nous avons du mal à accueillir le fait qu’une personne vive seule. Lorsque celle-ci souligne que ce n’est pas son choix, ça devient encore plus énigmatique. Les célibataires ont besoin d’être réhabilités au sein du groupe. Nous avons du mal à trouver du sens au célibat même si nous connaissons tous des personnes très épanouies, qui trouvent leur place dans la société, ou à travers des engagements d’église.

La réflexion sur la famille a été abordée lors des synodes d’octobre 2014 et octobre 2015. Qu’est-ce qui a déclenché ce questionnement des célibataires vivants seuls ?

Amoris Laetitia n’aborde pas la question des célibataires. Certes, l’Église est un peu pauvre sur le sujet mais cela ne signifie pas pour autant que le Pape François ne traitera jamais ce thème. C’est un vrai sujet à part entière. Il faut prendre compte ces personnes qui ont leur place au sein de la communauté chrétienne. Elles méritent une véritable attention.

Quelles actions l’Église peut-elle mener pour pallier ce manque ?

La dimension spirituelle me parait capitale. L’Église peut mener une réflexion, proposer un accompagnement et engager des propositions pour les frères et sœurs célibataires. Les paroisses, les diocèses et autres mouvements d’églises qui organisent déjà des week-ends entre célibataires peuvent continuer de favoriser la rencontre. Ces groupes permettent de réfléchir à l’avenir de la parole de Dieu. En parallèle, il faut inciter les célibataires à sortir de chez eux pour rencontrer quelqu’un et construire un couple. De nombreux couples se sont rencontrés, par exemple, aux Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ).

La revue met l’accent sur le ressentiment douloureux que représente le célibat à travers diverses frustrations : affectives, économiques et sociales et familiales. En quoi cela peut-il représenter une réelle souffrance ?

Vivre célibataire toute sa vie revient à traverser les étapes du deuil. On traverse des phases : espoir, révolte, dépression. On est obligés de respecter ces moments et parfois de renoncer à son idéal de vie. Certes, il y a de nombreuses frustrations et aussi de la souffrance. Mais, j’ai envie de dire qu’il y a aussi des pointes positives dans le célibat. L’expérience du célibat peut être formatrice humainement. Il serait intéressant d’entendre des témoignages positifs de célibataires aujourd’hui mariés qui ont traversé cette période difficile mais qui sont désormais heureux.

La conclusion met en exergue les verbes « accepter », « prendre soin » et « inviter ». En quoi ces trois verbes peuvent-ils réconforter les célibataires ?

Il faut accepter la réalité. Les célibataires doivent se centrer sur la vie d’aujourd’hui en sachant que les choses peuvent changer demain. Ce n’est pas parce qu’on a l’impression d’être « laissés pour compte » que la vie ne peut pas être vécue à 100 %. Le verbe « inviter » permet à l’Église d’approfondir ce sujet. Le monde chrétien n’est pas composé que de personnes mariées ou de religieux, il y a aussi les célibataires. Ils peuvent vivre l’amour de manière différente en consentant que cela ne soit pas un état de vie clairement identifié. On sait bien que nous sommes tous de passage ; ce qui compte, c’est le don de soi. C’est pour cette raison que je souhaite citer Saint-Augustin : « Aimes et fais ce que tu veux ».

Célibats, célibataires : Quelles perspectives en Eglise ?
Auteur : Claire Lesegretain

La parole d’Église sur le célibat est pauvre, voire inexistante. Ce document présente une réflexion positive sur cet état de vie et distingue la vocation que Dieu adresse à chaque baptisé. Des éléments d’analyse et des pistes de recherche esquissent ici des propositions pouvant aider à accueillir le célibat dans le monde, comme une authentique vocation bénie de Dieu… Car la Bonne Nouvelle de l’Évangile est aussi pour les célibataires !

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Source : Eglise catholique en France

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