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À Dieu Père Francis

Le Petit Echo de Betton, qui a publié durant de nombreuses années des éditos rédigés par Francis Orhant, a voulu donner la parole à des paroissiens qui ont été des proches et qui, comme beaucoup d’autres, à son contact, ont été chamboulés !!!

Pour vous présenter Père Orhant, Francis pour les intimes, rien de mieux que de vous raconter une histoire, MON histoire… devenue NOTRE histoire.

Récemment arrivés à Betton, il est venu frapper à notre porte pour faire connaissance, informé par une cousine rennaise, à la mode de Bretagne… qu’il connaissait depuis plusieurs années. Très occupée avec nos quatre jeunes enfants cette première rencontre fut brève mais rapidement renouvelée à l’initiative de Francis à un moment convenu quelques semaines plus tard.

Sa ressemblance physique avec mon propre père, son humilité naturelle et sa façon de s’ouvrir et de vous mettre à l’aise ont tout de suite créé les conditions pour échanger en toute confiance sur tous les sujets et, en particulier, sur notre foi lointaine… Au bout du compte, je n’ai pas peur d’affirmer que cette rencontre a changé ma vie, et notre vie familiale, à tous points de vue.

Grâce à cette rencontre, au titre de l’engagement chrétien :

  • 23 années de collaboration fructueuse et confiante, chacun dans son rôle, à la catéchèse des enfants de CE2… avec toutes les belles rencontres que peuvent générer un tel engagement (que de caravanes construites !!!) ;
  • un engagement paroissial en équipe de préparation des sacrements (baptême, confirmation, mariage) ;
  • un engagement en équipe d’action catholique (VEEA) ;
  • la préparation de la première eucharistie des enfants de CE2 (environ 1600 enfants sur l’ensemble de la période) ;
  • les cycles de préparation du baptême d’enfants d’âge scolaire (environ 100) ;
  • une formation de responsable de catéchèse.
    Sans oublier :
  • nombre d’engagements bénévoles au service d’activités citoyennes, associatives et professionnelles : orientation professionnelle des jeunes, militantisme syndical, aide aux personnes, etc…

Il ne s’agit évidemment pas de tirer une quelconque gloriole, ni de s’auto-attribuer un quelconque « brevet de bon chrétien » ou de « citoyen modèle » de ces engagements librement et naturellement consentis. C’est tout simplement la prise de conscience et l’affirmation publique que notre rencontre avec Francis aura été une expérience extraordinaire.

Sans lui, nous n’aurions jamais eu cette révélation que l’Evangile de Jésus-Christ était plus que jamais d’actualité. Surtout que notre « mission de chrétien » exigeait de cultiver au mieux l’Evangile dans notre vie quotidienne et dans nos engagements collectifs.

Pour toutes ces découvertes, MERCI Francis.

Grâce à votre rencontre et celle de votre équipe, notre vie aura été chamboulée, exaltante, riche et pleine. Nous aurons pu mettre en partage des ressources intérieures insoupçonnées que, grâce à votre enseignement et à votre exemple, vous nous avez permis de révéler.
Même si vous exprimiez souvent l’idée que l’oubli était un réflexe naturel de tout être humain, nous sommes certains que votre passage sur terre laissera des « traces d’Evangile » Au cœur de ceux qui, comme nous, auront eu la chance et le privilège de croiser votre chemin.

Que Dieu vous accueille avec le même amour que celui que vous nous avez toujours prodigué !

Geneviève et Jean-Paul Pichoff

Homélie des obsèques de Père Francis Orhant

Le mercredi 13 septembre ont été célébrées les obsèques de Père Francis. La messe était présidée par Monseigneur Nicolas Souchu entouré de Père Olivier Gazeau, Père Erwan Delahaye, et de nombreux prêtres du diocèse dont Père Louis Perrier. Père Louis a pris une part active à la préparation et la célébration de celui qui l’accompagné de nombreuses années durant sa mission de curé à Betton. Nous vous proposons le lecture de son homélie.

Toute vie chrétienne, toute vie sacerdotale est un témoignage parlant. Sans vouloir idéaliser, sans faire l’éloge de Francis, j’aimerais simplement relire dans la foi, avec vous qui l’avez connu, les 17 années que nous avons vécues en équipe dans cette paroisse de Betton, entre 1974 et 1991.

St Paul vient de nous dire :

« Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts.  »

Sa résurrection est la promesse de la nôtre, elle autorise l’espérance pour tous ceux qui nous ont quittés et pour nous-mêmes.

Et St Marc ajoute dans l’évangile s’adressant aux femmes venues au tombeau :

« Ne soyez pas effrayés ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. »

Non, il n’est pas enfermé dans un tombeau, il est présent au cœur de nos vies d’hommes, de femmes, de croyants. Il est présent par son esprit dans nos vies comme il l’a été dans celle du Père Orhant.

Jeune prêtre, il avait rêvé d’être historien, d’enseigner l’histoire. De santé fragile, son Évêque le jugea trop chétif pour aller en paroisse et lui demanda d’aller préparer une licence de lettres. A son retour, il fut nommé au lycée St Vincent de Rennes où il enseigna les lettres durant 21 ans tout en rendant des services dans les paroisses quand on lui demandait. Il avait aussi le souci de donner une formation chrétienne aux Jeunes de St Vincent.

Pendant de longues années, il fut aumônier de la J.E.C (Jeunesse Etudiante Chrétienne) mouvement d’Action Catholique. Educateur de la foi, il l’a été tout au long de sa vie. Le jour de son Jubilé d’or, il reprenait à son compte ces belles paroles de St Paul :

« Pour moi, vivre c’est le Christ. »

S’il n’a pas enseigné l’histoire comme il l’aurait souhaité, Francis a cependant été passionné d’histoire tout au long de sa vie, de l’histoire profane qu’il maîtrisait avec sa mémoire insolente… mais surtout de l’histoire de l’Eglise dont il connaissait tous les méandres heureux ou regrettables à ses yeux. Profondément attaché à l’Eglise, à la fois il l’aimait et à la fois elle le faisait souffrir. Parce qu’il aurait voulu un lien plus étroit entre l’Eglise et le monde, il n’hésitait pas à dire qu’il la trouvait trop frileuse parfois. Très imprégné des Textes du Concile Vatican II, il rêvait souvent d’une Eglise plus audacieuse, plus ouverte aux questions de notre monde en mutation. Il ne voulait pas que l’Eglise et la société s’ignorent. C’était un fervent de l’Action Catholique, sensible au langage des évènements qui interrogent notre foi et nous poussent à mieux voir, à mieux Juger pour agir ensuite.

Pendant les 17 années vécues avec lui à Betton, j’ai ressenti maintes fois son caractère un peu fonceur, voire un peu frondeur, enveloppé d’une forte personnalité. Mais ce que je retiens surtout de lui, c’est qu’il était un homme passionné : passionné de Jésus Christ, de l’Evangile qu’il avait beaucoup étudié, avec une foi chevillée au corps et un grand désir d’annoncer l’Evangile, de faire vivre l’Evangile…

Il était passionné par le cours de notre histoire humaine et par la culture en général. Tout l’intéressait. Erudit, curieux, il suivait toutes les informations et les évènements de tous les pays et de l’Eglise dans différents continents. C’est dire s’il lisait beaucoup, avec passion, là encore. Il a dévoré des centaines de livres… tard le soir et dans la nuit, au lieu de dormir ! … Ce travail intellectuel, il le faisait toujours pour mieux évangéliser, pour nourrir la foi des équipes qu’il accompagnait.

Portant à bout de cœur la vie du monde, il était souvent insatisfait, pessimiste même, trouvant que les choses n’avançaient pas assez vite. Toujours tourné vers demain, il voulait faire bouger le monde et l’avenir de l’Eglise. Travailleur acharné, de jour et de nuit, il cherchait tous les moyens qui pourraient ouvrir l’Eglise à la responsabilité des laïcs.

Il aimait écrire aussi. Pendant 25 ans, il a alimenté le « Petit Echo de Betton » de ses éditos, toujours pertinents, intéressants, personnels, collant à l’actualité, rappelant sans cesse aux chrétiens leur mission de baptisés.

Il n’était pas bavard sur ses 7 années de vicaire général si ce n’était pour rappeler que cette période, pour lui, fut largement marquée par les retombées de mai 68.

Dans sa retraite à Ker Anna, il recevait beaucoup de visites et continuait à faire de l’accompagnement spirituel. Ouvert, à l’écoute de tous, il avait un discernement juste, évangélique, apprécié, réconfortant. Dans le pays de Betton qu’il a tant aimé, sa mort réveille beaucoup de bons souvenirs.

Rendez-vous
24/05
Jean Vanier, le Sacrement de la Tendresse" : , Cinéma l’Arvor à Rennes
26/05
A la rencontre de notre Nouvel Evêque : Mgr Alexandre Joly, TV Rennes 35
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